28 novembre 2006
Craig,... Daniel Craig, la star du mois
S'il y en a bien un qui se souviendra toute sa vie des critiques avant même que soient projetées à l'écran les premières images de Casino Royale, simplement parce qu'il ne correspondait pas au "moule" Bond, c'est bien Daniel Craig. Il en a bien bavé le pauvre.
Peu connu du grand public, ou à peine, depuis Munich, beaucoup considéraient que les producteurs et le réalisateur prenaient un pari risqué en s'offrant les services de Craig. Mais que constate-t-on une fois la transposition du scénario à l'écran : un Daniel Craig qui transcende le genre Bond et par extension qui donne une nouvelle dimension au personnage. Le rôle de Bond a toujours été central et fort, mais là Daniel Craig nous emmène dans des recoins physiques et psychologiques du personnage jamais explorés auparavant. Bref, vous l'aurez compris, l'acteur britannique nous gratifie d'une prestation remarquable.
Et le film dans tous cela me diriez-vous. Il dure 2h18. On voyage beaucoup (mondialisation quand tu nous tiens). On y retrouve des éléments prévisibles et d'autres moins (voire imprévisibles). Le film commence sur les chapeaux de roue. Bond est plus brutal que ce dont on était habitué. Moins lisse Bond, certainement (!), mais avec un style des plus efficaces. Pour la premières fois nous avons à l'écran les traces des coups et des éraflures. Le réalisateur recherchait plus de concret, volontairement influencé ou non, à l'instar (si l'on reste dans ce registre) de The Bourne Identity / Supremacy ou de 24h Chrono. Les postures et l'influence des Bond Girl sont aussi revisitées, avec plus de fond et une Eva Green qui fait oublié qu'elle est la fille de Marlène Jobert. Moins de gadgets, un double zéro sept plus brutal, brillant, plus humain, favorisant l'empathie chez le spectateur, un méchant très spécial, c'est la recette gagnante du film. Ma note perso est sans appel : ♥♥♥
P.-S. : Promis les camarades "footeux", je répondrai à vos commentaires ce mercredi en journée. Idem pour les derniers commentaires sur Ségolène. Par ailleurs, j'ai loupé l'avant-première :-(
♥♥♥♥ Vous êtes le meilleur agent 007 de l'histoire
♥♥♥ Champagne et carré d'as au Casino ! Very good !
♥♥ Bond film ;-P
♥ Sean Connery revient, please !
♠ Agent raté, double zéro tout court
27 novembre 2006
Le ballon d'or, une vaste blague !
Parlons un peu de foot dans ce monde de brutes. Ce qui me permet de griller la politesse à Jack, qui devait être le premier sur le coup (en terme de publication de message).
Honnêtement, le Ballon d'Or qui sera très probablement donné (aujourd'hui) à Fabio Cannavaro, c'est du grand n'importe quoi ! C'est la prime par excellence à la triche. Pour rappel, ce joueur était soupçonné de dopage dans son ancien club Parme, ce confirmé par vidéo. Je reconnais qu'il a fait un très bon championnat 2005-2006 avec la Juve. Mais celui-ci était entaché de corruption (pour les années précédentes) et il a entraîné une relégation de la Juve en Serie B. En plus, après une sanction exemplaire des instances sportives italiennes, quand je vois que la Juve s'en sort plus que bien, grâce à une succession d'appels, je me dis qu'il n'y a pas de moral pour le foot, voire pour le sport en général !
Indépendamment de cet aspect là, sportivement parlant, il y avait mieux comme choix. Non ?
26 novembre 2006
Week end reposant
Oh mon Dieu, je n'ai pas péché. Mais remarquez chères lectrices et chers lecteurs, je n'ai pas lu ou très peu ce week end. Disons que je me suis surtout reposé. Cela ayant pour conséquence directe : les gros dossiers en preview (lire messages précédents) sont pour la plupart reportés à cette semaine (le premier jour de la semaine étant dimanche). Bon, demain, une avant-première m'attend. Une petite critique sera postée le lendemain (mardi soir). Pour illustrer le propos de ce message, je vous laisse cette belle photo du chat du camarade R., il se reconnaîtra ;-P
P.-S. : Pour ceux qui veulent (tout de même) alimenter leur réflexion c'est chez Amanda et pour ceux qui ont faim d'art c'est chez Sophie.
23 novembre 2006
Children of Men
Londres en 2027, dix-huit années d'infertilité, l'immigration de masse liée au terrorisme, vous mélangez le tout et vous obtenez l'un des scénarios les moins optimistes qui nous est dépeint par Alfonso Cuaron. Les habitants de la terre ne voient guère d'espoir face à la fin de l'humanité qui poindrait à l'horizon. Pourtant, une femme représente l'espoir. Elle est enceinte. Cela faisait plus de 17 ans que l'humanité attendait cela. Pour éviter tout échec dans l'accouchement (comment la population réagirait si elle avait connaissance d'une nouvelle aussi cruciale?), Julian* demande à Théo (Clive Owen) d'escorter celle que plus personne n'attendait.
La manière de filmer de Cuaron est efficace (la caméra à l'épaule est fortement présente dans le dernier 1/4 du film). Elle renforce un scénario haletant, peu prévisible durant une bonne partie du film et faisant monter la pression crescendo. Alfonso Cuaron respecte la grande tradition du film d'anticipation. Dans ce genre cinématographique, on retrouve, parmi les plus marquants, Minority Report. La comparaison entre les deux opus ne serait pas raison. Alfonso Cuaron nous plonge dans un monde tellement réaliste qu'on pourrait croire que l'action se passerait dans 5 ans. Tout le contraire d'un Minority Report, film à gros budget, dont les images sont lisses et qui nous plonge un peu plus en avant dans le temps, sans que cela ne soit trop lointain.
Côté acteur, Clive Owen** joue le rôle principal et il est toujours aussi bon à l'écran. C'est toujours un vrai plaisir de le retrouver. Julianne Moore est un peu plus effacée dans le film pour des raisons scénaristiques que je ne dévoilerai pas. Quant à Chiwetel Ejiofor, il joue un rôle à contre-courant de ceux qu'on lui connaissait auparavant, ce tout en restant crédible. Ce film m'a laissé sur une bonne impression. Ma note perso : ♥♥
* admirablement jouée par l'excellente Julianne Moore.
** deuxième bonne pioche dans l'année 2006 pour Clive Owen, après son excellent rôle dans Inside Man.
P.-S. : Il faudra attendre en Belgique la fin de l'année pour voir The Departed, mais en exclu, on a un bon rapport (qui n'est pas un spoiler) signé par la talentueuse Amanda.
♥♥♥♥ A voir dans les salles obscures si on ne veut pas mourir idiot
♥♥♥ On aurait dû payer un peu plus chère sa place pour voir le film
♥♥ Bon film
♥ Le prof a dit : "tu passes juste avec la moyenne !"
♠ Une daube
22 novembre 2006
Preview : Mauvaise foi
Il y a des films comme ça, on ne sait trop pourquoi, qui vous pousse à vouloir les voir avant tout le monde. Mauvaise foi s'inscrit pleinement dans cette "envie du moment". Cela est certainement dû à un savant mélange entre une belle histoire de mixité, des acteurs talentueux (Roschdy Zem, Cécile de France, Jean-Pierre Cassel) auxquels il faut ajouter l'ambiance "fin de la l'année" ;-P
Plus sérieusement, l'histoire et la bande annonce me donnent envie, les premières critiques semblent positives et pour votre plus grand bonheur demain je vais me réserver les places de la seule avant-première en Belgique, pour ce lundi 27 novembre. La sortie officielle du film est prévue pour le 6 décembre. Je vous tiens au courant, cela en espérant que toutes les places n'auront pas été prises d'ici là.
P.-S. : Oui, je sais, je n'ai pas encore traité du film Children of Men, que j'ai vu il y a quelques semaines. Ma modeste "critique" sera prochainement sur ce blog, disons ce jeudi.
Post-Scriptum 2 : Pour les fidèles de ce blog, mon message "La Gauche (2)" ne sera pas posté avant dimanche. Par ailleurs, je vous prépare pour ce week end un tout autre message (quoi que) sur le modèle social européen, à la suite des événements survenus à VW Forest.
21 novembre 2006
Cheney veut remettre ça, mais...
A croire que la réalité, illustrée ici par le dessin de Colcanopa, ne suffit pas à faire réfléchir les néoconservateurs, au premier rang desquels on peut distinguer Dick Cheney (Vice-président des Etats-Unis).
De quoi s'agit-il cette fois-ci ?
Selon Seymour M. Hersh, les faucons de l'administration Bush envisageraient, dans un période non déterminée, d'attaquer l'Iran en passant outre l'approbation du Congrès américain (majoritairement démocrate). Il faut préciser que ce nouveau plan a été échafaudé quelques semaines avant la débâcle électorale du mid-term. Ce n'est pas la première fois que des annonces de ce genre sortent via la presse, mais cela nous rappelle, à s'y méprendre, les même procédés de fuites faisant état d'une invasion en Irak; même si concernant l'Iran, il ne s'agirait que de frappes aériennes en vue de dissuader Téhéran d'acquérir la bombe nucléaire.
Toujours selon Seymour M. Hersh, la CIA ne disposerait pas de preuves solides attestant de l'existence d'un programme nucléaire iranien. Ici aussi, on pourrait se retrouver, comme pour l'Irak, face à une falsification de preuves en vue de justifier une intervention armée en Iran. Même si dans le cas qui nous occupe, l'Iran, par le biais de son président Mahmoud Ahmadinejad, continue à affirmer son ambition de maîtriser le nucléaire civil (impliquant implicitement une maîtrise du nucléaire militaire).
Pourquoi les néoconservateurs voudraient-ils remettre ça ?
Cheney & Coi voudraient remettre cela afin de gommer partiellement leurs échecs en Irak et de renforcer leur thèse sur l'Axe du Mal et ainsi prendre une option sur les élections de 2008.
Cela étant, je persiste à croire que le règlement du problème de nucléarisation au Moyen-Orient ne passera pas par la répression militaire (typiquement néoconservatrice) mais plutôt par le dialogue. Je crois, du fait de la défaite électorale républicaine et dans l'attente du prochain rapport de la commission* Baker-Hamilton (prônant notamment le dialogue entre les USA et l'Iran) que le plan des néoconservateurs, prévus avant le 7 novembre, ne se réalisera pas (faute d'une majorité pouvant le soutenir). Du moins, j'ose fortement l'espérer.
* The Iraq Study Group
17 novembre 2006
La Gauche (1) : Ségolène
Je l'annonçais avec presque deux mois d'avance, Ségolène Royal ou le rouleau compresseur, la machine à gagner l'a largement emporté.
Il ne suffisait qu'à lire entre les lignes des sondages. Dans le noyau dur des sympathisants socialistes, elle faisait un carton. Si cela n'était pas un signe fort (!) qu'était-ce donc ?
Quels ont été ses avantages par rapport à ses (ex-)concurrents ? D'abord, je le déplore un peu mais sa stratégie s'est avérée payante, il y a sa capacité à porter de nouveaux sujets dans le débat politique à gauche quitte à recourir, parfois à en abuser, à la triangulation. Elle était (et elle reste) l'image de la victoire de la gauche par rapport à la droite suite aux élections régionales de 2004. De près ou de loin, elle n'a jamais été mêlée à une affaire judiciaire (contrairement à DSK et Fabius, qui certes ont été blanchi). Dans son franc-parler, elle est la plus concrète des trois, étrange pour une élève de l'ENA. Elle a privilégié le propos pratique et proche du plus grand nombre de son audience plutôt que le théorique. Elle était en politique depuis longtemps, d'abord dans l'ombre, ensuite via une expérience ministérielle. En deux ans, elle a réussi à capitaliser une image de fraîcheur, de nouveauté. Ségolène Royal est un peu apparue aux yeux des socialistes, après le départ de Jospin il y a cinq ans, à la fois comme la "vierge Marie" des socialistes et la femme salvatrice de la gauche face à la droite. Car ce qui a également pesé dans le vote des militants socialistes, c'est cette envie presque obsessionnelle chez certains de dépasser par la victoire le traumatisme du 21 avril 2002.
P.-S. : A suivre dans ce blog, au plus tard pour mercredi une analyse plus fine de cette victoire (La Gauche [2]) et pour dimanche une thématique plus large : La gauche face à la pauvreté (La Gauche [3]).
Post-Scriptum 2 : Mais que pense Chourka de tout cela ?
16 novembre 2006
Mea culpa sur le commerce équitable

Même les politiques s'y collent : en photo, Steve Stevaert l'ex-président du SP.A (Parti Socialiste Flamand) et notre Premier ministre Guy Verhofstadt.
Mais que font-ils ? Via Oxfam, ils promeuvent les produits du commerce équitable (1). Il y a un an et demi, j'en parlais partiellement ici et je reconnaissais être à un niveau pouvant être qualifié d'insuffisant. Mea Culpa, car durant cet intervalle mes habitudes ont peu évolué, ou plus exactement elles n'ont pas connues d'évolutions significatives.
Pour me (nous) rattraper (???), Oxfam me (nous) propose de prendre le petit déj' chez eux ce week-end. Il y en aura pour tout le monde et cela un peu partout dans le pays. Reconnaissant que j'aurais deux matinées chargées ce week-end, je passerais l'après-midi, j'ai envie de me faire un bon chocolat chaud ;-)
Le saviez vous : "Aujourd’hui, dans les pays du Sud, 4000 organisations dans plus de 60 pays s’inscrivent dans la démarche du commerce équitable. Plus de 5.000.000 de personnes en Afrique, en Asie et en Amérique latine bénéficient des retombées d’un commerce équitable international" (2).
P.-S. : Mais qu'en pense notre cuisinière en chef Carine et notre Jack national ? Plus largement, chères lectrices et chers lecteurs, où en êtes-vous en matière de commerce équitable ?
15 novembre 2006
Jeff Wall
Jeff Wall est un de nos artites contemporains sur lequel j'ai eu un coup de coeur (♥♥♥♥), je l'avoue, en voyant la beauté de certaines de ses photos. C'est beau, léger, tellement humain.
09 novembre 2006
Les USA ou le nouveau facteur démocrate
Par l'obtention de la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat, par la victoire aux élections des gouverneurs, les Démocrates ont assuré le grand chelem au mid-term. De cette manière, ils signifient à Bush une singulière débâcle.
Vote sanction sur la "vietnamisation" de l'Irak
Les Etats-Unis entrent dans une nouvelle phase de l'ère Bush, celle de la cohabitation à l'américaine : majorité parlementaire démocrate VS gouvernement républicain. Il s'agit de l'exact scénario opposé de 1994 sous l'ère Clinton (exécutif démocrate VS législatif républicain). Il semble évident, et il l'a confirmé hier soir en conférence de presse, que le président Bush privilégiera la logique de compromis (avec l'opposition) plutôt que la logique de la paralysie de l'Etat (via le droit de veto dont il dispose). A tout le moins on ne peut que l'espérer pour le peuple américain. Il semble encore plus évident que les élections du 7 novembre avaient un parfum de référendum sur l'action républicaine en Irak, celles-ci s'étant concrétisées par le vote sanction que nous connaissons. A ce propos, afin d'envoyer un message positif à ses électeurs, George W. Bush a accepté la démission de Donald Rumsfeld. Cette décision a fait l'objet de longues conversations entre Bush, Rumsfeld et d'autres pendant au moins une semaine. On peut regretter que le Vice-président Dick Cheney n'ait pas emboîté le pas de son Secrétaire à la Défense.
Quelle politique étrangère ?
Selon toute vraisemblance, le financement du maintien des troupes en Irak ne s'arrêtera pas du jour au lendemain. Conformément à leur opposition à la ligne républicaine sur ce dossier, les Démocrates devront échafauder un plan assurant au moins le désengagement progressif des troupes américaines en Irak, selon un calendrier précis (dès fin 2006 ou dès début 2007). Au mieux, mais on ne voit pas comment, à cette initiative les Démocrates pourraient ajouter une tentative de résolution à la quasi guerre civile irakienne que l'action américaine a engendrée. On peut également imaginer que les Démocrates tenteront de favoriser une autre approche sur les dossiers iraniens, coréens et syriens, comprenez celle du dialogue (cf. nucléarisation).
Du point de vue intérieur
Outre les affaires dans lesquelles baignent certains élus républicains : corruption par les lobbies, fraude fiscale, problèmes de moeurs; un autre aspect de ce vote sanction subsiste. Celui des inégalités croissantes aux Etats-Unis s'étant cristallisées dans l'inconscient collectif américain via la catastrophe humanitaire consécutive à l'ouragan Katrina. Aux Etats-Unis, un américain sur huit (36,9 Mio de personnes) est considéré comme pauvre. Quitte à choisir entre la peur d'une augmentation des impôts (argument maintes fois martelé par Bush) et la réduction des inégalités, le vote des américains a penché en faveur de la seconde option. Parmi les mesures sociales prioritaires avancées par les Démocrates durant la campagne, il y a : le relèvement du salaire minimum et la déduction d'impôts des frais universitaires. Pour être complet, il convient de souligner que sous la gouvernance républicaine, les allègements fiscaux n'ont finalement bénéficié qu'à une infime partie de la population (les plus riches) et que les revenus de la classe moyenne n'ont guère augmenté.
La fin du débat centré sur les valeurs morales ?
Alors qu'en France, le débat de la précampagne présidentielle reste centré sur les "valeurs de la République", aux Etats-Unis les valeurs morales semblent avoir cédées beaucoup de terrain sur les problèmes d'ordre internationaux, sociaux-économiques et d'éthique politique. Paradoxalement, les valeurs morales constituaient la première motivation au vote des américains durant les élections présidentielles de 2004. Cela s'explique en grande partie par un recentrage des Démocrates. En effet, ceux-ci ont retenu la leçon en mettant en pratique l'argument suivant : ne pas laisser aux Républicains l'exclusivité de la défense des valeurs morales et par extension celle de la religion. En plus de revendiquer la défense des valeurs chrétiennes traditionnellement républicaines, les Démocrates y ont inclus la lutte contre la pauvreté (aide ton prochain) et la défense de l'environnement. De facto, en appliquant cette règle sur ce terrain, les positions des Démocrates se sont rapprochées de celles des Républicains, laissant ainsi la possibilité à d'autres thématiques de peser sur le vote de mardi. Politiquement, cela s'est traduit par une perte d'audience spectaculaire des Républicains dans la population protestante, particulièrement chez les évangéliques blancs.
Sans préjuger d'une victoire démocrate pour 2008, les résultats du mid-term sont de bon augure pour le parti ayant pour emblème un âne. Peut-on déjà rêver d'un ticket démocrate gagnant Hillary Clinton - Barak Obama ? En cas de victoire, Bill deviendrait-il the First Gentleman ?






