Le Blog de Yv 2

Débattons ensemble !

19 décembre 2006

THE DEPARTED ♥♥♥

The_Departed_poster_2    Ambiance, vous avez dit ambiance. Il faisait froid dehors, hier soir, à presque 20h. Mais dans le complexe cinématographique où était projeté en avant première nationale The Departed, l'atmosphère était toute différente. C'était chaud. Il faut dire qu'on le guettait depuis un certain temps. Le film tant attendu de Martin Scorsese, après le brillantissime The Aviator(♥♥♥) allait enfin être projeté sous nos yeux. 2h30 de film, a priori c'est long. Comment l'un des meilleurs réalisateurs d'Hollywood a-t-il transposé à sa manière le film hongkongais Infernal Affairs.

    Je rassure ceux qui nourrissent certains espoirs de satisfaction avant d'aller le voir, The Departed est un très bon film. Ayant pour sujet l'infiltration, à défaut d'affirmer qu'il est un modèle du genre (j'ai tout de même envie de voir Infernal Affairs, ne fût-ce que pour comparer) le dernier opus scorsesien est réussi. Martin Scorsese arrive toujours aussi bien à faire ressortir sur écran des situations comme si on les vivaient. En effet, à l'instar de Gangs of New York et The Aviator, Scorsese excelle à nouveau dans son souci du détail via les décors et ici la transposition des différents aspects de l'infiltration (sur base d'une documentation solide).

    Les acteurs* sont au top. Malgré le fait qu'ils se croisent peu durant le film, DiCaprio et Damon réussissent une performance dans le jeu d'acteur tout bonnement époustouflante. On peut espérer que ces deux là, auparanvant récompensés, soient à nouveau nominés aux Oscars (dans sa 79ième édition) pour le rôle du meilleur acteur. Vous me diriez, si le scénario était en béton armé (avec des flingues et un peu d'amour quand même), si les acteurs étaient superbes, si l'environnement de Boston était quasi tangible, la note ne pourrait être que maximale. Que Nenni ! Il convient de signaler une déception n'engageant que moi : la chute du film. Donc sur une échelle de 4, on est à 3,5. Comme je suis un mauvais prof, pour cette fois, j'arrondi vers le bas, ce qui fait : ♥♥.

    The Departed est assurément un des films de l'année. A voir d'urgence, sa sortie est prévue en Belgique le 27 décembre 2006.

* Léonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg (Braquage à l'Italienne,...), Alec Baldwin, Martin Sheen (le président dans la série A La Maison Blanche), Vera Farmiga,...
 

TheDepartedTop1

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28 novembre 2006

Craig,... Daniel Craig, la star du mois

Daniel_Craig

S'il y en a bien un qui se souviendra toute sa vie des critiques avant même que soient projetées à l'écran les premières images de Casino Royale, simplement parce qu'il ne correspondait pas au "moule" Bond, c'est bien Daniel Craig. Il en a bien bavé le pauvre.

Peu connu du grand public, ou à peine, depuis Munich, beaucoup considéraient que les producteurs et le réalisateur prenaient un pari risqué en s'offrant les services de Craig. Mais que constate-t-on une fois la transposition du scénario à l'écran : un Daniel Craig qui transcende le genre Bond et par extension qui donne une nouvelle dimension au personnage. Le rôle de Bond a toujours été central et fort, mais là Daniel Craig nous emmène dans des recoins physiques et psychologiques du personnage jamais explorés auparavant. Bref, vous l'aurez compris, l'acteur britannique nous gratifie d'une prestation remarquable.

Casino_Royale Et le film dans tous cela me diriez-vous. Il dure 2h18. On voyage beaucoup (mondialisation quand tu nous tiens). On y retrouve des éléments prévisibles et d'autres moins (voire imprévisibles). Le film commence sur les chapeaux de roue. Bond est plus brutal que ce dont on était habitué. Moins lisse Bond, certainement (!), mais avec un style des plus efficaces. Pour la premières fois nous avons à l'écran les traces des coups et des éraflures. Le réalisateur recherchait plus de concret, volontairement influencé ou non, à l'instar (si l'on reste dans ce registre) de The Bourne Identity / Supremacy ou de 24h Chrono. Les postures et l'influence des Bond Girl sont aussi revisitées, avec plus de fond et une Eva Green qui fait oublié qu'elle est la fille de Marlène Jobert. Moins de gadgets, un double zéro sept plus brutal, brillant, plus humain, favorisant l'empathie chez le spectateur, un méchant très spécial, c'est la recette gagnante du film. Ma note perso est sans appel :


P.-S. : Promis les camarades "footeux", je répondrai à vos commentaires ce mercredi en journée. Idem pour les derniers commentaires sur Ségolène. Par ailleurs, j'ai loupé l'avant-première :-(


♥♥Vous êtes le meilleur agent 007 de l'histoire
Champagne et carré d'as au Casino ! Very good !
♥♥
Bond film ;-P
Sean Connery revient, please !
Agent raté, double zéro tout court


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23 novembre 2006

Children of Men

CliveOwenCOMLondres en 2027, dix-huit années d'infertilité, l'immigration de masse liée au terrorisme, vous mélangez le tout et vous obtenez l'un des scénarios les moins optimistes qui nous est dépeint par Alfonso Cuaron. Les habitants de la terre ne voient guère d'espoir face à la fin de l'humanité qui poindrait à l'horizon. Pourtant, une femme représente l'espoir. Elle est enceinte. Cela faisait plus de 17 ans que l'humanité attendait cela. Pour éviter tout échec dans l'accouchement (comment la population réagirait si elle avait connaissance d'une nouvelle aussi cruciale?), Julian* demande à Théo (Clive Owen) d'escorter celle que plus personne n'attendait.

La manière de filmer de Cuaron est efficace (la caméra à l'épaule est fortement présente dans le dernier 1/4 du film). Elle renforce un scénario haletant, peu prévisible durant une bonne partie du film et faisant monter la pression crescendo. Alfonso Cuaron respecte la grande tradition du film d'anticipation. Dans ce genre cinématographique, on retrouve, parmi les plus marquants, Minority Report. La comparaison entre les deux opus ne serait pas raison. Alfonso Cuaron nous plonge dans un monde tellement réaliste qu'on pourrait croire que l'action se passerait dans 5 ans. Tout le contraire d'un Minority Report, film à gros budget, dont les images sont lisses et qui nous plonge un peu plus en avant dans le temps, sans que cela ne soit trop lointain.

Côté acteur, Clive Owen** joue le rôle principal et il est toujours aussi bon à l'écran. C'est toujours un vrai plaisir de le retrouver. Julianne Moore est un peu plus effacée dans le film pour des raisons scénaristiques que je ne dévoilerai pas. Quant à Chiwetel Ejiofor, il joue un rôle à contre-courant de ceux qu'on lui connaissait auparavant, ce tout en restant crédible. Ce film m'a laissé sur une bonne impression. Ma note perso :  ♥♥

* admirablement jouée par l'excellente Julianne Moore.

** deuxième bonne pioche dans l'année 2006 pour Clive Owen, après son excellent rôle dans Inside Man.

P.-S. : Il faudra attendre en Belgique la fin de l'année pour voir The Departed, mais en exclu, on a un bon rapport (qui n'est pas un spoiler) signé par la talentueuse Amanda.



♥♥A voir dans les salles obscures si on ne veut pas mourir idiot
On aurait dû payer un peu plus chère sa place pour voir le film
♥♥
Bon film
Le prof a dit : "tu passes juste avec la moyenne !"
Une daube

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22 novembre 2006

Preview : Mauvaise foi

mauvaisefoitopIl y a des films comme ça, on ne sait trop pourquoi, qui vous pousse à vouloir les voir avant tout le monde. Mauvaise foi s'inscrit pleinement dans cette "envie du moment". Cela est certainement dû à un savant mélange entre une belle histoire de mixité, des acteurs talentueux (Roschdy Zem, Cécile de France, Jean-Pierre Cassel) auxquels il faut ajouter l'ambiance "fin de la l'année" ;-P

Plus sérieusement, l'histoire et la bande annonce me donnent envie, les premières critiques semblent positives et pour votre plus grand bonheur demain je vais me réserver les places de la seule avant-première en Belgique, pour ce lundi 27 novembre. La sortie officielle du film est prévue pour le 6 décembre. Je vous tiens au courant, cela en espérant que toutes les places n'auront pas été prises d'ici là.

P.-S. : Oui, je sais, je n'ai pas encore traité du film Children of Men, que j'ai vu il y a quelques semaines. Ma modeste "critique" sera prochainement sur ce blog, disons ce jeudi.

Post-Scriptum 2 : Pour les fidèles de ce blog, mon message "La Gauche (2)" ne sera pas posté avant dimanche. Par ailleurs, je vous prépare pour ce week end un tout autre message (quoi que) sur le modèle social européen, à la suite des événements survenus à VW Forest.

Posté par yves2 à 22:41 - Le Carnet ciné - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 octobre 2006

LA STAR DU MOIS : Clint Eastwood

Pour ceux qui aiment l'Histoire filmée par un Grand du cinéma classique (politiquement affilié au parti républicain tout en étant quelque peu libertaire, mais cela vous le saviez déjà)

Clint2

Il est le septuagénaire le plus en vue du moment, alors même que son dernier film Mémoires de nos pères n'est pas encore sorti au cinéma (prévu le 25 de ce mois). A priori, la distribution de ce film ne comprend pas de grands acteurs mais des valeurs sûres telles que, outre The Director Clint, le scénariste Paul Haggis (s'étant exécuté pour les films Crash et Million Dollar Baby) et un producteur "de luxe" Steven Spielberg (propriétaire des droits du best-seller de James Bradley adapté à l'écran). Le dernier né de Clint Eastwood est déjà crédité d'une excellente critique. Côté pile du réalisateur, via ce film, il traite du point de vue américain de la bataille d'Iwo Jima et de ses conséquences pour 3 survivants des 6 soldats américains dont on ne connaît pas les noms mais qui sont restés célèbres dans l'inconscient collectif américain grâce à ce cliché de Joe Rosenthal les ayant immortalisés. Côté face, Clint a une idée de génie et il fait coup double en nous prévoyant le point de vue japonais de la bataille. Pour ce faire, le second volet de la production américaine a été tourné en japonais et il aura pour titre Lettres d'Iwo Jima (sortie prévue en janvier 2007). Dans cette version, Eastwood s'évertue à nous narrer l'histoire du général Tadamichi Kuribayashi (qui sera joué par Ken Watanabe). Ce dernier a combattu les troupes américaines pendant 40 jours, avant d'être défait. Parmi les différents propos de l'auteur, deux ont particulièrement attiré mon attention.

Dans Les Cahiers du Cinima / Juillet-Août 2006, aux questions de Stephen Sarrazin, Eastwood explique les raisons qui l'ont poussées à réaliser le second volet. "En lisant Flags of Our Fathers, j'ai découvert ce général Kuribayashi, qui a tenu tête à l'armé américaine pendant quarante jours. J'ai voulu comprendre qui il était. Cette bataille aurait dû être gagnée rapidement... Il n'existe rien sur lui en anglais, alors j'ai commandé plusieurs livres au Japon et je les ai fait traduire. Kuribayashi avait vécu en Amérique, il était fin stratège, aimé, respecté par ses hommes et par les gens de l'île. Je ne voulais pas tourner des films sur les vainqueurs et les perdants, mais plutôt montrer tout ce qui était perdu des deux côtés, les vies sacrifiées, le courage, la détermination de part et d'autre. Il fallait cet équilibre."

Par ailleurs, il disait à Samuel Blumenfeld, dans Le Monde daté du 19 octobre, à propos de a guerre en Irak : "Trois générations de vétérans se sont succédé dans ce pays, sans que l'on retienne la moindre leçon. Depuis toujours, des types se font tuer à cause des hommes politiques. C'est encore le cas aujourd'hui. Il faut comprendre que mon pays n'a jamais été aussi divisé qu'aujourd'hui. Je fais partie de ceux qui pensent que l'intervention en Irak n'était pas une priorité. L'Irak aussi a commencé comme une opération de police pour se débarrasser de Saddam. Mais une fois en Irak, que faites-vous ? Le cauchemar commence, même si, sur le terrain, vous avez gagné la guerre. C'est un jeu à somme nulle. Les hommes politiques sont davantage concernés par l'exercice et la conservation de leur petit pouvoir que par le sort du type en première ligne. C'était vrai hier. Cela ne l'a jamais été autant qu'aujourd'hui."

A s'y méprendre, cela fait "propos de cinéaste démocrate" ;-)

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14 octobre 2006

INDIGENES

Indig_nes

Dans la rubrique vu dernièrement au cinéma, on peut mettre dans mon carnet : Indigènes ! Je l'ai vraiment beaucoup apprécié car il a une triple portée : pédagogique, artistique et historique.

D'abord pédagogique, car le film fait la monstration de ce qui n'a pas ou peu été enseigné dans les cours d'histoire autant en France qu'ici (en Belgique) ou ailleurs. 400.000 soldats maghrébins de l'Empire colonial français sont enrôlés dans les rang de l'armée, jouant ainsi un rôle décisif dans la libération*.

Ensuite artistique, car Rachid Bouchareb réalise un tour de force en mélangeant dans son opus les caractéristiques du documentaire et du film de guerre, tout en gardant à certains moments un aspect quasi poétique (dans le sens qu'il émeut par la beauté, le charme, la délicatesse). La vie d'un groupe et ses implications sont racontées à merveille. Les personnages sont touchants dans leurs points forts comme dans leurs parts d'ombre ou leurs sensibilités. La course à l'égalité des Africains par rapport aux Occidentaux est une thématique forte du film et elle est remarquablement exploitée par le réalisateur. Debbouze, Naceri, Zem**, Bouajila et Blancan jouent leurs rôles avec une grande justesse.

Enfin historique, car après avoir été visionné par le couple Chirac, le Président a promis d'enfin mettre à niveau égal les pensions et les retraites de plus de 80.000 vétérans de 23 nationalités différentes à celles des anciens combattants français. La loi du 26 décembre 1959 gelait ainsi les pensions de "nos indigènes". Paradoxalement, cet état de fait n'était pas inconnu des gouvernants français. Via son arrêt Diop du 30 novembre 2001, le Conseil d'Etat tirait la sonnette d'alarme en considérant cette loi discriminatoire. A titre d'exemple, un ancien combattant Français touche 461,65 € contre 101,97 pour un ancien combattant Algérien ayant combattu pour la libération de la France.

Bref, Indigène est un Grand film, laissant point indifférent celui qui le regarde. Ma note perso pour le film et c'est mérité :  ♥♥♥

* "sans l'effet tenaille des deux débarquements (Normandie et Provence), renforcés par les poussées soviétiques sur le Front de l'Est, l'Allemagne Nazi n'aurait pas cédée aussi facilement." (cf. "C'est nous les Africains", Laurent Lemire, Le Nouvelobs 28/09 - 04/10/2006,)

** Son premier long métrage prévu pour décembre 2006 sera à suivre de (très) près.

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01 octobre 2006

Automne/Hiver 2006

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Le petit nouveau dans les rubriques du BdYv est arrivé et il a pour nom : "Le Carnet Ciné". Qui a dit qu'il n'y aurait pas de bons films pour la saison automne/hiver 2006 ?

Mes "très attendus" de cette période froide sont :

1°) Le dernier Scorsese, The Departed ou comment le cinéma hongkongais est (re)cuisiné à la sauce américaine. L'histoire, vous la découvrirez ici. Le scénario m'a l'air assez original, en plus d'un casting "monstrueux". J'aurai du mal à attendre sa sortie en Belgique le 27/12 alors qu'en France il sortira le 29/11. Un petit tour dans l'hexagone s'avèrerait-il nécessaire ?

2°) L'incontournable de ces jours-ci, Indigènes, que je verrai prochainement et dont je traiterais dans cette nouvelle rubrique.

3°) Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine et Chiwetel Ejiofor (que du lourd !!!), ils seront à l'affiche dans Les Fils de l'Homme, le dernier Alfonso Cuaron. Il s'agit d'un film d'anticipation (comme Minority Report), il a trois étoiles dans Première. A ce propos, le critique du magazine Gérard Delorme dit : "Le temps de reprendre son souffle, on se dit qu'on tient le film d'anticipation de la décennie. Presque." Cela donne envie. L'histoire est ici. L'opus constituera une des priorités de mon mois d'octobre. Sa sortie est prévue pour le 18 octobre.

Les autres : Little Miss Sunshine (road movie encensé par la critique, prévu pour novemre 2006 ici), Babel, Casino Royal (???).

Posté par yves2 à 22:25 - Le Carnet ciné - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 septembre 2006

De Bubble à Apple ?

Soderbergh_tient_la_cam_raIl y a des films comme ça, sans strass ni paillettes, sans grands effets spéciaux ou artifices en tout genre mais avec un très bon fond, à un tel point que cela ne peut que vous laisser mi-figue mi-raisin. C'est le sentiment que m'a donné le dernier Steven Soderbergh : Bubble (film indépendant, tourné avec des acteurs non professionnels, ce en vidéo numérique) ! Sorti aux States le 27 janvier 2006 (en France le 10 mai, en Belgique le 30 août), Bubble peut aisément être classé dans la catégorie spéciale (car peu à l'honneur) du cinéma social américain, qui plus est (!) réalisé par un des plus "famous" réalisateurs US.

L'histoire est simple. On est dans l'Ohio (Amérique profonde quand tu nous tiens). Liés par une relative amitié, un homme (Kyle) et un femme (Martha) tentent de (sur)vivre en travaillant comme ouvriers dans une usine de confection de poupée. La paye n'est pas géniale. Elle oblige un des protagonistes à exercer un second boulot pour pouvoir arrondir ses fins de mois. La vie est monotone. Du moins elle l'est jusqu'à ce qu'une troisième ouvrière soit engagée. Celle-ci sans le vouloir et sans le savoir vient briser un équilibre précaire. Je m'arrête là pour l'histoire. En terme de fond, Soderbergh nous donne une formidable critique sociale sur les Etats-Unis, où certains doivent parfois travailler plus de 50h/sem. pour avoir un salaire plus ou moins honorable et encore,...

A voir ou à ne pas voir ? A voir parce que (1°) ça nous change des blockbusters et (2°) la charge sur les failles du système économique est cinglante. Déconseillé à ceux qui ne sont pas intéressés par le point (1°) et/ou (2°).

Cela dit, via ce film, Soderbergh est entré d'une manière peu orthodoxe par la grande (ou petite???) porte de l'histoire du cinéma. En effet, sa sortie en salle aux USA allait de pair avec sa vente en DVD et sa diffusion sur Internet (en vidéo à la demande). Cela lui a valu quelques réactions, dont celle de Sean Penn dans Les Cahiers du Cinéma Jui-Aoû 2006 (n° 614). A la question "Croyez-vous que le numérique va faire évoluer la situation des cinéastes indépendants ? Que pensez-vous par exemple de la manière dont Steven Soderbergh a sorti Bubble, sur tous les supports (salle, câble, vidéo et Internet) en même temps ?", l'acteur, scénariste et réalisateur répond : "Personnellement, je suis contre. Je fais ce métier  par amour pour les salles obscures et le plaisir de m'y rendre. Je pense que ce procédé de diffusion, s'il se généralise, va plutôt nuire au cinéma indépendant."

Voilà qui promet en terme de débat sur la vidéo à la demande. En tous cas, la révolution semble déjà être en marche, en atteste les exemples d'Amazon et d'Apple.

P.-S. : Oublie ou pas, est-ce normal qu'on ne retrouve pas Spike Lee (Malcom X, la 25ème heure, Inside Man, When The Levees Broke) dans le dossier du n° 614 des Cahiers du Cinéma, consacré aux meilleurs réalisateurs du cinéma US (Shyamalan, Soderbergh, Penn, Mann, Spielberg, Eastwood). Notez encore, que j'attends avec impatience les prochains films de Soderbergh : Guerilla (version américaine de l'histoire du Che), Ocean's 13 et The Good German.

Posté par yves2 à 22:05 - Le Carnet ciné - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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