13 septembre 2006

De Bubble à Apple ?

Soderbergh_tient_la_cam_raIl y a des films comme ça, sans strass ni paillettes, sans grands effets spéciaux ou artifices en tout genre mais avec un très bon fond, à un tel point que cela ne peut que vous laisser mi-figue mi-raisin. C'est le sentiment que m'a donné le dernier Steven Soderbergh : Bubble (film indépendant, tourné avec des acteurs non professionnels, ce en vidéo numérique) ! Sorti aux States le 27 janvier 2006 (en France le 10 mai, en Belgique le 30 août), Bubble peut aisément être classé dans la catégorie spéciale (car peu à l'honneur) du cinéma social américain, qui plus est (!) réalisé par un des plus "famous" réalisateurs US.

L'histoire est simple. On est dans l'Ohio (Amérique profonde quand tu nous tiens). Liés par une relative amitié, un homme (Kyle) et un femme (Martha) tentent de (sur)vivre en travaillant comme ouvriers dans une usine de confection de poupée. La paye n'est pas géniale. Elle oblige un des protagonistes à exercer un second boulot pour pouvoir arrondir ses fins de mois. La vie est monotone. Du moins elle l'est jusqu'à ce qu'une troisième ouvrière soit engagée. Celle-ci sans le vouloir et sans le savoir vient briser un équilibre précaire. Je m'arrête là pour l'histoire. En terme de fond, Soderbergh nous donne une formidable critique sociale sur les Etats-Unis, où certains doivent parfois travailler plus de 50h/sem. pour avoir un salaire plus ou moins honorable et encore,...

A voir ou à ne pas voir ? A voir parce que (1°) ça nous change des blockbusters et (2°) la charge sur les failles du système économique est cinglante. Déconseillé à ceux qui ne sont pas intéressés par le point (1°) et/ou (2°).

Cela dit, via ce film, Soderbergh est entré d'une manière peu orthodoxe par la grande (ou petite???) porte de l'histoire du cinéma. En effet, sa sortie en salle aux USA allait de pair avec sa vente en DVD et sa diffusion sur Internet (en vidéo à la demande). Cela lui a valu quelques réactions, dont celle de Sean Penn dans Les Cahiers du Cinéma Jui-Aoû 2006 (n° 614). A la question "Croyez-vous que le numérique va faire évoluer la situation des cinéastes indépendants ? Que pensez-vous par exemple de la manière dont Steven Soderbergh a sorti Bubble, sur tous les supports (salle, câble, vidéo et Internet) en même temps ?", l'acteur, scénariste et réalisateur répond : "Personnellement, je suis contre. Je fais ce métier  par amour pour les salles obscures et le plaisir de m'y rendre. Je pense que ce procédé de diffusion, s'il se généralise, va plutôt nuire au cinéma indépendant."

Voilà qui promet en terme de débat sur la vidéo à la demande. En tous cas, la révolution semble déjà être en marche, en atteste les exemples d'Amazon et d'Apple.

P.-S. : Oublie ou pas, est-ce normal qu'on ne retrouve pas Spike Lee (Malcom X, la 25ème heure, Inside Man, When The Levees Broke) dans le dossier du n° 614 des Cahiers du Cinéma, consacré aux meilleurs réalisateurs du cinéma US (Shyamalan, Soderbergh, Penn, Mann, Spielberg, Eastwood). Notez encore, que j'attends avec impatience les prochains films de Soderbergh : Guerilla (version américaine de l'histoire du Che), Ocean's 13 et The Good German.

Posté par yves2 à 22:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur De Bubble à Apple ?

    coucou rapide, mais vu l'heure tardive de mon retour québcois, je lirais ça à tête reposée ...

    Posté par Jad, 16 septembre 2006 à 14:58 | | Répondre
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