30 septembre 2006
Coups de coeur
Un samedi soir sur la terre. Un samedi soir où j'ai décidé de faire dans la légèreté. Au moment où j'écris, un sarkozyste est en live sur une chaîne dont les boss sont également sarkozystes. Au moment où j'écris, une nuit blanche est en prépa à Bruxelles et contrairement à l'année passée, je ne serais pas de la partie. Au moment où j'écris, je ne sais toujours pas pour qui je voterai dimanche prochain, quoi que,... Un peu avant que je n'écrive ce message, Manu m'annonçait que le film, The Departed, que j'attendais pour ce mois d'octobre (je pensais que c'était une sortie mondiale, que nenni) n'est finalement prévu en Belgique qu'à partir du 27 décembre. Un peu avant que je n'écrive ce message, j'ai eu deux jolis coups de coeur, la première est française (Manue) la seconde est canadienne (Mamounia). Elle n'est pas belle la vie.
P.-S. : Prochainement, je me ferais plus sérieux, avec une nouvelle rubrique baptisée "Le Carnet". Je vous laisse avec une petite vidéo qui m'a bien fait rire. Sur ce, de la lecture m'attend.
28 septembre 2006
Jospin s'en va (bis repetita)
C'est l'info du matin, celle qui m'a plus ou moins fait sursauter du lit car elle est quasi théâtrale : Lionel Jospin abandonne dans la course à la candidature. C'est certainement l'un des événements majeurs de la précampagne. Celui que j'estimais intellectuellement comme le plus intéressant des candidats à gauche jette l'éponge. Rarement j'aurais vu en précampagne un épisode à la fois intense médiatiquement et en terme de réflexion apportée par cet ex-candidat que politiquement crépusculaire. Moi qui le voyais rassembler autour de lui par le désistement de certains candidats, c'est raté.
Cela alors qu'on ne le voyait pas venir. Ségolène Royal parlait de machine à perdre en ces termes :
"C'est à se demander si certains n'ont pas envie de perdre, si la machine à perdre n'est pas déclenchée. Donc il va falloir être fort, nous, les militants socialistes qui avons envie de gagner."
Il semblerait que même cela n'ait pas vraiment pesé sur la réflexion de Jospin. A priori, il se serait rendu compte que (1°) il ne pèserait pas dans les débats (2°) faute d'avoir créé une dynamique, la débâcle lui semblait assurée lors du vote des militants désignant le candidat socialiste, le 16 novembre.
Même s'il reste un mois et demi, au regard des sondages étant pour l'instant plus que favorables à Ségolène Royal, des différents ralliements à sa candidature (les grandes fédérations socialistes lui semblent acquises et Pierre Mauroy devrait lui annoncer son soutien aujourd'hui) ce n'est pas la machine à perdre qui est déclenchée, mais bien une toute autre machine, le rouleau compresseur Royal qui tourne à plein régime. A moins d'une union des autres candidatures (et encore ?), ou d'un sérieux dérapage de la candidate (peu probable !), la victoire au PS lui semble assurée.
P.-S. : Ségolène Royal à gauche, Nicolas Sarkozy à droite, cela n'est guère réjouissant.
26 septembre 2006
Elections communales
Actuellement, quoi que cela fût déjà le cas dans mon précédent blog, je traite plus de l'étranger que de la Belgique. Surtout qu'il y a de quoi raconter sur ce qu'il se passe ici. On a frôlé de quelques cheveux la crise gouvernementale (à moins d'un an des législatives) et dans moins de trois semaines, ce seront les élections communales. Le vote est obligatoire pour chaque belge en Flandre, en Wallonie et dans la région Bruxelloise. Le droit de vote est également accordé aux étrangers ressortissants d'un Etat membre ou non membre de l'UE. Cela constitue une belle (r)évolution si on devait comparer notre règlement électoral pour les communales à celui en place dans d'autres pays.
Personnellement, je suis de la commune de Bruxelles. Mais le plus important est de savoir si j'ai fait mon choix. Théoriquement, je devrais dire oui, vue qu'en principe les élections communales sont celles qui touchent au plus près le citoyen. Mais vous savez ce que l'on dit, beaucoup font leur choix dans les 10 semaines précédent le jour-J. En conséquence, je vous avouerais que mon choix n'est pas tout à fait arrêté. D'accord, il y a une tendance, un courant (entre la gauche et la droite, facile, ce sera certainement l'un d'eux, mais lui est bien aussi ?) vers lequel je porterais ma voie, mais je n'ai pas encore choisi qui serait mon bourgmestre.
P.-S. : Mention spéciale, au-delà du TB, pour Le Soir qui nous concocte depuis quelques semaines un magnifique blog et de belles fiches sur 80 communes du pays avant les élections. Par ailleurs, un double bravo à Jad (1°) pour avoir bouclé le marathon de Montréal, (2°) pour avoir posté un commentaire en même temps que moi sur son blog. Il est fort ;-P
25 septembre 2006
Téléphone rouge
Ce samedi en parcourant le Nouvel Obs (NO), je m'arrêtais et je lisais dans la rubrique Téléphone Rouge (hebdomadairement réalisée par Carole Barjon et les services politiques du NO) une info assez révélatrice. On savait Sarko plus proche des grands capitalistes français (de divers secteurs, dont ceux de certains médias) que du peuple. On pouvait le deviner rancunier. Vous mélangez le tout et vous obtenez une brève savoureuse :
La vengeance de Sarkozy
Nicolas Sarkozy n'oubliera pas les attaques de François Bayrou, qui a dénoncé sa proximité avec le monde de l'argent et des grands médias. «Regarde-moi bien maintenant. Parce ce que tu ne me verras plus jamais pendant la campagne électorale, y compris entre les deux tours», a-t-il lancé au président de l'UDF dans les couloirs de l'Assemblée nationale la semaine dernière. Manière de lui signifier que les ponts étaient rompus et qu'il n'y aurait pas de négociations sur les législatives. Avis aux députés UDF...
P.-S. : A votre avis, que se passe-t-il lorsque vous tapez Sarkozy sur google et que vous regardez au 4ième résultat. Pas mal non ?
24 septembre 2006
Au Darfour l'enfer est une réalité
C'est dans une région du plus grand pays d'Afrique que se déroule l'un des plus grands drames du continent. Le Darfour (région du sud-ouest soudanais, 6 millions d'hab., grande comme la France) est en proie aux pires atrocités que l'humanité puisse connaître, cela dans une inertie de fait de la communauté internationale. Cela semblerait inconcevable au 21ème siècle, mais depuis février 2003, les habitants du Darfour tentent de survivre au rythme quotidien des massacres dans la populalion, des viols (des femmes dès leurs 8 ans) utilisés comme arme de guerre, des empoisonnements des puits, des pillages de troupeaux, des pillages et des incendiés de villages. Le bilan "comptable" est un crève-coeur et il choque les esprits : 300.000 morts, 2,4 millions de personnes (dont la majorité) déplacées à l'intérieure des frontières soudanaises et (pour la minorité) réfugiées au Tchad !
Quel est le facteur déclenchant de cette triste situation de fait ?
Une profonde remise en cause du leadership de Khartoum. Cette contestation de l'autorité gouvernementale soudanaise connaît un précédent. En effet, le Soudan a été ravagé par une deuxième guerre civile* longue de 20 ans (1983-2003) entre le gouvernement soudanais situé au Nord (à dominance musulmane) et les sécessionnistes sudistes à dominance chrétienne et animiste. La cause principale de ce conflit fût la revendication par les sudistes d'un partage équitable des nouvelles ressources pétrolières découvertes au sud du pays et la cessation de l'interventionnisme de l'Etat dans l'organisation du Sud (Khartoum le divisa en trois provinces, chacune dirigé par un gouverneur choisi par le chef de l'Etat). Cette guerre a coûté la vie à 2 millions de soudanais. Cette guerre pris fin en 2003 via un accord entre les parties garantissant un partage équitable du pouvoir et des ressources (notamment pétrolières, hydrauliques et agricoles).
En février 2003, deux mouvements rebelles du Darfour s'opposent à Khartoum. Ceux-ci, s'estimant mal associés au partage des richesses, décident de prendre les armes pour défendre son indépendance. Depuis trois ans, ils sont opposés à l'armée soudanaise et aux milices arabes djandjaouids.
Le droit d'ingérence
Le 31 août 2006, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté la résolution 1706. Celle-ci vise à assurer le déploiement d'une force de maintien de la paix de 17.300 hommes à partir du 1er octobre. Cette résolution ne peut être appliqué qu'avec l'accord tacite du gouvernement soudanais. Ce dernier s'est opposé à ce déploiement. Le gouvernement américain estime que le mandat de protection des civils doit prévaloir sur l'accord de Khartoum. Considérant que la situation est trop grave et que la communauté internationale a trop tardé à agir, l'argument américain me semble pertinent. Le droit d'ingérence est dans ce cas précis plus que justifié. Au Darfour, le prolongement de la mission de l'Union africaine ne suffira pas à mettre fin à cette tragédie soudanaise.
* La première guerre civile ayant eu lieu entre les mêmes parties de 1956 à 1972.
20 septembre 2006
P'tite soeur du BdYv
Elle est de retour. Je l'ai appris hier, suite à son premier commentaire sur ce blog. Elle est mimi, intelligente, drôle, "craquante" quoi ! et... bientôt mariée. Désolé messieurs. Pour dissiper tout malentendu, je ne suis pas l'heureux élu.
Elle est la p'tite soeur "attitrée" du Blog de Yv 2 (et une habituée de mon ancien blog) ! Un peu de pub ne fait pas de mal, surtout que son blog est vraiment sympa. Je n'ai même pas le droit de citer son prénom et encore moins son nom. Donc pour le prénom, vous devrez vous contenter de ceci ****** ! Au fait pour le mariage je ne suis pas invité :'-( ???
P.-S. : Merci Syl pour ton p'tit coup d'pub hier, c'était magistral.
19 septembre 2006
AMLO m'a planté !
Le rappel des faits se trouve dans ce blog et je vais finir par croire qu'il a des accents mexicains ! Crois bien, cher lecteur, que je n'aurai pas aimé (plus exactement je n'aurai pas pensé) revenir sur ce triste événement se déroulant au Mexique, mais AMLO m'y contraint.
Le Mexique disposait déjà d'un nouveau président élu en la personne de Felipe Calderon et d'un autre président en fin de mandat (expirant le 1er décembre) Vicente Fox. Comme si cela ne suffisait pas, depuis le samedi 16 septembre, un troisième président de la République a été désigné : AMLO (entrant en fonction le 20 novembre, date anniversaire de la révolution mexicaine de 1910) ! Plus exactement, il s'agit d'une autoproclamation confirmée via le vote d'une convention nationale réunissant des centaines de milliers de sympathisants d'AMLO.
Je me suis réjouis un peu trop vite lundi dernier ! Plus triste que moi est une bonne partie des mexicains. Le pays est coupé en deux. AMLO promet à son alter égo Calderon une "résistance civile pacifique", notamment via le boycott des entreprises ayant soutenues Calderon dans sa conquête du pouvoir et des manifestations contre des propositions de loi ou des projets de loi n'ayant aucune grâce à ses yeux. La révolution ne s'arrête pas là. AMLO formera prochainement un gouvernement parallèle. Il veut créer, à terme, un parti capable de faire modre la poussière à la droite lors des prochaines élections présidentielles. Il a également promis de sillonner le pays afin de présenter au peuple son autre projet de gouvernance.
AMLO est-il un mauvais perdant ? Assurément ! Même si tout le monde comprend son désir de défendre les classes populaires, rien ne justifie un pareil comportement. Sans vouloir tomber dans le catastrophisme, en tenant compte de la situation sociale* actuelle, AMLO n'a aucun intérêt à dépasser la ligne rouge qu'il s'est fixé dans son combat, celle de la résistance pacifique. S'il ne s'y tenait pas, une bombe sociale à retardement risquerait d'exploser.
* A titre illustratif, dans ce pays de 107 Mio d'habitants, 3,1 des revenus sont entre les mains des 20% les plus pauvres. Fatalement, l'exemple contraire n'est guère glorifiant. 59,1% des revenus sont concentrés entre les mains des 20% les plus riches (souce PNUD 2005).
18 septembre 2006
Ségo/Sarko ou la valorisation du peuple
Ils sont populaires, ils sont diversement aimés, ou en tous cas globalement au moins l’un des deux suscite la sympathie. Les français ont passé leurs vacances ainsi que leur rentrée avec eux. Qui ? Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy bien sûr. Ils sont partout ! Plan médiatique ou pas, ils fascinent un large public et ils suscitent l’intérêt des instituts de sondage et des médias.
Pourquoi Ségo et Sarko cartonnent-ils dans les sondages d’opinion?
Ségo et Sarko sont partis d’un constat simple après les élections présidentielles de 2002. 1°) Il y a comme une coupure entre le peuple et les élites. Cette coupure est manifeste dans le langage utilisé par les politiques et dans leur approche quotidienne des problèmes des citoyens. 2°) Les classes populaires (comprenant les ouvriers, mais aussi les employés et les techniciens à faibles revenus) ne s’identifient plus à un courant en particulier (sous-entendu la gauche). A titre d’exemple, le vote ouvrier à gauche a évolué de 70% en 1978 à 43% en 2002. Les classes populaires ont l’impression que leurs préoccupations sont rejetées du débat politique, d’où en 2002 une tendance relativement accentuées dans une partie de l’électorat ouvrier à voter pour l’extrême droite, tandis que l’électorat employé avait une plus grande propension à s’abstenir. 3°) Pour Sarko et Ségo, leur discours ne devra pas simplement convaincre leur base, mais Il devra s’élargir, être audible par le peuple, ces classes populaires désenchantées.
En conséquence, Ségo et Sarko tentent chaque jour de se positionner sur les préoccupations prioritaires des classes populaires et par extension celles des français. Ce sont les valeurs qui semblent revenir en force dans le débat. Aujourd’hui, il semble que ce soit un des éléments moteurs de la précampagne. En atteste, les valeurs ayant été mises en avant ces derniers mois : la sécurité, le travail, la famille et l’éducation. Ségo et Sarko veulent incarner, le mieux possible, les défenseurs des « vraies valeurs de la société française» ! Dans cette précampagne, la morale l’emporte sur l’action, les idées courtes, simples et fortes de sens l’emportent, fatalement, sur les programmes de candidats, car très logiquement nous ne sommes qu’en précampagne, l’aspect programmatique ne pouvant être abordés concrètement qu’en temps de campagne électorale. Actuellement, ces valeurs l’emportent largement sur les autres thématiques caractéristiques d’une élection de cet ordre, telles que l’économie (le pouvoir d’achat, la lutte contre chômage,…), la place de l’Etat dans le monde, l’immigration, l’écologie… Par ailleurs, leur discours et/ou leur action est souvent ciblée vers certaines catégories de la population. Ils adoptent un langage clair, le « parler vrai ». Là s’arrêtent les points de convergences. Elles se limitent à la forme du débat. Sur le fond, les approches sont quelque peu différentes.
Triangulation
Il convient de noter que Ségo* a beaucoup plus recourt que Sarko** au procédé de la triangulation, consistant à prendre un thème phare du camp adverse, de se l’approprier en y apportant au moins des éléments de solution(s), pour en faire un avantage électoral et non plus un tabou ou un thème difficilement abordé (en terme de solutions) dans son propre camp. Cette technique a été largement utilisée par Bill Clinton et Tony Blair et elle leur a permis de gagner des élections, ce en tendant (toujours plus) vers le centre de l’électorat. En 2005, Chirac a également utilisé ce procédé en ayant recours à la qu’il appelait « la fracture sociale ». Cette précision apportée, Il convient de souligner ici, plutôt deux fois qu’une, que Ségo propose autant d’idées que Sarko et elle ne s’appuie pas simplement sur son image a fortiori populaire.
On parle surtout de Ségo et de Sarko, pour autant cela ne disqualifie pas les autres prétendants déclarés ou non, tels que François Bayrou, Dominique de Villepin, Lionel Jospin***,… Car l’histoire nous a souvent démontré que les sondages à 8 ou 9 mois des élections pouvaient totalement être « démenties » par la réalité. Cela dit, il faut reconnaître que Ségo et Sarko symbolisent actuellement un nouveau dans souffle la politique française, malgré le fait qu’ils aient fait les meilleures écoles, qu’ils connaissent parfaitement les rouages du pouvoirs, celui des quinquas volontairement (et tactiquement ?) proche du peuple. Si jamais l’un d’eux devait être élu (ce serait la première fois qu’un candidat deviendrait chef de l’Etat à sa première tentative aux présidentielles), une révolution électorale importante se réaliserait, augurant peut-être des changements profonds. Mais pour l’instant, nous en somme loin.
* Par ex: l’ordre juste, la sécurité durable, l’encadrement militaire des jeunes délinquants, l’assouplissement des 35h pour ceux qui désirent travailler plus, la défense des familles (classiques ou recomposées), la défense du mariage ou plutôt des mariages (hétéro comme homo).
** Par ex: la suppression de la double peine, la discrimination positive.
*** Qui est intervenu de manière spectaculaire et brillante à l’université d’été du MJS à La Rochelle, en août de cette année.
13 septembre 2006
De Bubble à Apple ?
Il y a des films comme ça, sans strass ni paillettes, sans grands effets spéciaux ou artifices en tout genre mais avec un très bon fond, à un tel point que cela ne peut que vous laisser mi-figue mi-raisin. C'est le sentiment que m'a donné le dernier Steven Soderbergh : Bubble (film indépendant, tourné avec des acteurs non professionnels, ce en vidéo numérique) ! Sorti aux States le 27 janvier 2006 (en France le 10 mai, en Belgique le 30 août), Bubble peut aisément être classé dans la catégorie spéciale (car peu à l'honneur) du cinéma social américain, qui plus est (!) réalisé par un des plus "famous" réalisateurs US.
L'histoire est simple. On est dans l'Ohio (Amérique profonde quand tu nous tiens). Liés par une relative amitié, un homme (Kyle) et un femme (Martha) tentent de (sur)vivre en travaillant comme ouvriers dans une usine de confection de poupée. La paye n'est pas géniale. Elle oblige un des protagonistes à exercer un second boulot pour pouvoir arrondir ses fins de mois. La vie est monotone. Du moins elle l'est jusqu'à ce qu'une troisième ouvrière soit engagée. Celle-ci sans le vouloir et sans le savoir vient briser un équilibre précaire. Je m'arrête là pour l'histoire. En terme de fond, Soderbergh nous donne une formidable critique sociale sur les Etats-Unis, où certains doivent parfois travailler plus de 50h/sem. pour avoir un salaire plus ou moins honorable et encore,...
A voir ou à ne pas voir ? A voir parce que (1°) ça nous change des blockbusters et (2°) la charge sur les failles du système économique est cinglante. Déconseillé à ceux qui ne sont pas intéressés par le point (1°) et/ou (2°).
Cela dit, via ce film, Soderbergh est entré d'une manière peu orthodoxe par la grande (ou petite???) porte de l'histoire du cinéma. En effet, sa sortie en salle aux USA allait de pair avec sa vente en DVD et sa diffusion sur Internet (en vidéo à la demande). Cela lui a valu quelques réactions, dont celle de Sean Penn dans Les Cahiers du Cinéma Jui-Aoû 2006 (n° 614). A la question "Croyez-vous que le numérique va faire évoluer la situation des cinéastes indépendants ? Que pensez-vous par exemple de la manière dont Steven Soderbergh a sorti Bubble, sur tous les supports (salle, câble, vidéo et Internet) en même temps ?", l'acteur, scénariste et réalisateur répond : "Personnellement, je suis contre. Je fais ce métier par amour pour les salles obscures et le plaisir de m'y rendre. Je pense que ce procédé de diffusion, s'il se généralise, va plutôt nuire au cinéma indépendant."
Voilà qui promet en terme de débat sur la vidéo à la demande. En tous cas, la révolution semble déjà être en marche, en atteste les exemples d'Amazon et d'Apple.
P.-S. : Oublie ou pas, est-ce normal qu'on ne retrouve pas Spike Lee (Malcom X, la 25ème heure, Inside Man, When The Levees Broke) dans le dossier du n° 614 des Cahiers du Cinéma, consacré aux meilleurs réalisateurs du cinéma US (Shyamalan, Soderbergh, Penn, Mann, Spielberg, Eastwood). Notez encore, que j'attends avec impatience les prochains films de Soderbergh : Guerilla (version américaine de l'histoire du Che), Ocean's 13 et The Good German.
11 septembre 2006
Le Mexicain
On attendait cela depuis le 2 juillet de cette année, elle est enfin tombée ! Non, je ne traite pas de politique fiction. A s'y méprendre, cela ressemblerait à un mauvais remake de l'épisode post-électoral Bush-Gore 2000, la Californie en moins et avec un accent plus "latino" ! Le 6 de ce mois, le Tribunal fédéral électoral du Mexique a rendu sa décision. Il a validé l'élection du nouveau président de la république Felipe Calderon (du PAN, parti de droite) et de facto signifié (sans appel) la défaite de Andrès Manuel Lopez Obrador (AMLO pour les intimes, en photo, du PRD, parti de gauche).
Ce dernier contestait les résultats des élections présidentielles du 2 juillet donnant une très courte victoire à son rival, de l'ordre de 244.000 voix (soit un écart de 0,56%). Les raisons invoquées par AMLO étaient : fraudes massives, irrégularités,... Cela sans que la "communauté internationale" ne les ait constatées et cela ayant pour conséquence directe de plonger le Mexique et les observateurs de la situation (dont je faisais partie) dans le flou le plus total (sauf pour notre camarade Ignacio Ramonet). Cette situation a engendré un recomptage des votes mêlé à une (relative) vague de protestation populaire et forcément médiatisée (quoi que pas assez en Europe). Le résultat des courses, vous le connaissez !
Cela dit, il aurait pu en être pire. Défendant largement la cause des pauvres face aux privilèges des nantis, AMLO menaçait de créer un gouvernement parallèle. Ici encore, il semble que finalement la raison l'ait emporté sur les ambitions nourries d'un désir de "plus de justice sociale". En effet, AMLO a prôné dernièrement la réconciliation nationale. Espérons que cette situation inédite poussera un peu plus le nouveau gouvernement à réduire les disparités "criantes" dans la 11ème puissance économique mondiale.




